La putain

 

 

 

Fille de maison rose

 

Qui vit en maison close

 

Tu n’as qu’un seul destin

 

Celui de vivre en putain

 

Tu supportes les hommes

 

Quand ils y mettent la somme

 

Et eux en grands seigneurs

 

Croient te faire une faveur

 

Vite que ce soit fini

 

Te dis-tu dans ce lit

 

Le voilà qu’il te parle

 

Te raconte sa femme

 

Puis il te questionne

 

Tu fais celle qui s’étonne

 

Qu’il en sache tellement

 

Dieu, qu’il est embêtant...

 

Tu regardes ton réveil

 

Qu’est ce qu’il te donne sommeil...

 

Il te dit que c’est bon

 

Le temps te semble long

 

Maintenant il a soif

 

Zut alors, quelle poisse !

 

Tu as envie de sortir

 

Tu gardes le sourire

 

Mais lui, il se sent bien

 

Ce n’est pas l’heure de son train

 

Puis il va se laver

 

Il n’est pas très pressé

 

Il se rhabille... enfin,

 

Mais c’est ton gagne pain

 

Il te dit « à bientôt ? »

 

Tu penses « c’est pas trop tôt ! »

 

Cela représente ta vie

 

Toi qu’on traite de fille

 

Mais les hommes ici bas,

 

Ne voient pas ça comme cela.